Chili, cinéma obstiné

Quand on évoque le Chili, une image vient tout de suite à l’esprit : celle de la Moneda, le palais présidentiel en feu, à Santiago. Le président Salvador Allende se trouve à l’intérieur, un président qui va bientôt mourir tragiquement, remplacé par le général Augusto Pinochet qu’Allende avait lui-même nommé au sein de son gouvernement : c’est le coup d’État, « el golpe de Estado ». C’est ainsi que débute La Bataille du Chili (1975-1979), de Patricio Guzmán, la référence du documentaire chilien. Guzmán, madrilène d’adoption, était revenu dans son pays natal en 1971, attiré comme nombre d’artistes et d’intellectuels par l’élan révolutionnaire du gouvernement socialiste d’Allende. À l’instar d’autres jeunes cinéastes, tels Raúl Ruiz et Andrés Racz, il soutient Allende à travers des films enthousiastes. C’est pourtant avec le récit de sa chute qu’il signe son premier chef-d’œuvre. Guzmán est alors contraint à l’exil.
Lire la suite